Rainer Maria Rilke, Vergers XXXV
Toutes les joies des aïeux
ont passé en nous et s’amassent;
leur coeur, ivre de chasse,
leur repos silencieux
devant un feu presque éteint…
Si dans les instants arides
de nous notre vie se vide,
d’eux nous restons tout pleins.
Et combien de femmes ont dû
en nous se sauver, intactes,
comme dans l’entr’acte
d’une pièce qui n’a pas plu -,
parées d’un malheur qu’aujourd’hui
personne ne veut ni ne porte,
elles paraissent fortes
appuyées sur le sang d’autrui.
Et des enfants, des enfants!
Tous ceux que le sort refuse,
en nous exercent la ruse
d’exister pourtant.
All die Freuden der Ahnen,
sie schritten durch uns, häufen sich an,
ihr Herzschlag, in Jagdfiebers Bann,
ihr Ruhen auf stillen Altanen,
unter Flammen, die sinken,
und wenn die Dürre kehrt,
wenn von Leben wir ganz entleert,
lassen Fülle sie wieder uns trinken.
Und wie viele Frauen suchten ihr Glück
bei uns, unversehrt,
wie in der Pause heimgekehrt
aus einem unerfreulichen Stück,
vor einem Unglück auf der Hut,
das keiner will, keiner trägt wie zuvor,
recken sie hoch sich empor,
gestützt auf eines Fremden Blut.
Und die Kleinen, die Kleinen!
All jene, die ein trauriges Schicksal fristen,
sie üben an uns die Listen,
zu stehen auf eigenen Beinen.
Comments are closed.