Skip to content

Jean-Yves Masson, Le voleur d’eau

06.11.2018

Aus: Poèmes du festin céleste

Le voleur d’eau qui fuit à travers le désert,
poursuivi par de très grands chevaux d’oubli,
se cache dans des tombes de noir secret,
réveille la patience des lampes éteintes,
dépose son fardeau d’argile sur le sol.
Ranime en lui des mots aux lèvres desséchées,
baptise de sa soif les ossements anciens
sur lesquels a soufflé le feu de la colère,
le très vieux feu d’Hadès. Murmure
dans le silence sans écho une prière
pour mille bouches assoiffées, un sortilège.
Et de l’eau monte une lumière au fond des jarres.

 

Der Wasserdieb, der durch die Wüste floh,
verfolgt von Riesen-Pferden des Vergessens,
versteckt sich in Gräbern aus geheimem Dunkel,
erweckt die Geduld erloschener Lampen,
legt seine Lehm-Last auf dem Boden nieder.
Hebe ihm Lebensworte auf die vertrockneten Lippen,
taufe auf seinen Durst die alten Gebeine,
auf die das Feuer des Zornes gehaucht hat,
das uralte Feuer des Hades. Flüstere
in die echolose Stille ein Gebet
für tausend durstige Münder, einen Zauberspruch.
Und vom Grund der Krüge steigt aus dem Wasser ein Licht.

 

Comments are closed.

Top