Maurice Scève, Quand l’ennemi poursuit son adversaire
Quand l’ennemi poursuit son adversaire
Si vivement qu’il le blesse ou l’abat :
Le vaincu lors pour son plus nécessaire
Fuit çà et là et crie et se débat.
Mais moi, navré par ce traître combat
De tes doux yeux, quand moins de doute avois,
Cèle mon mal ainsi, comme tu vois,
Pour te montrer à l’oeil évidemment
Que tel se tait et de langue et de voix,
De qui le coeur se plaint incessamment.
Wenn der Feind den Gegner atemlos bekriegt,
bis er ihn verwundet oder niedersticht:
Es flieht um seines Heiles, der besiegt,
hierhin, dorthin, daß schreiend er noch ficht.
Doch ich, geblendet vom Verräterlicht
in deinen Augen, es schlug der Wahrheit Stunde,
verdecke deinem Blick halb nur die Wunde,
damit deine Auge klar und wahr befände,
was hier verhält in Worten laute Kunde,
ein Herz ist, dessen Klage ohne Ende.