Francis Jammes, La paix des champs
La paix des champs s’étend autour de la chapelle.
Et, au carrefour poudreux, parmi les avoines,
les menthes, les chicorées et les aigremoines,
se dresse un grand Christ de bois creux où les abeilles
ont fait leur nid. Et on peut voir, dans le soleil,
aller, venir, ces affairées pleines de miel
comme des lettres noires écrites dans le ciel.
De quoi nourrir son Dieu si ce n’est pas de miel?
Parfois le cantonnier qui casse des cailloux
lève la tête et voit le Christ, le seul ami
qu’il ait sur cette route où palpite Midi.
Pour casser les cailloux l’ouvrier est à genoux
dans l’ombre de ce Christ dont le flanc est vermeil.
Et tout le miel alors chante dans le soleil.
Le poète contemple et médite. Il se dit,
devant le lent frisson des champs, que chaque épi
est du peuple de Dieu la sage colonie
dont chaque grain attend, pour être vivifié,
que des grottes du Ciel l’eau se soit élancée.
Il se dit que ce grain désormais va pousser
dans l’azur précieux que tout approfondit
et, qu’image du Fils de Dieu, né lui aussi
dans une grotte, il nourrira ceux qui ont faim.
Et l’épi qui naîtra à son tour de ce grain
aura la forme d’un clocher dans une aurore.
Der ländliche Frieden
Der ländliche Frieden breitet sich um die Kapelle.
Und am staubigen Kreuzweg, wo an man baut
Hafer, Minze, Zichorie und Ackerkraut,
ragt ein großer Christus aus hohlem Holz, da haben
Bienen ihr Nest gemacht. Sie füllen emsig die Waben,
gehen, kommen, bepackt mit Pollen, von der Sonne bestrahlt.
wie schwarze Lettern aufs Blau des Himmels gemalt.
Wie ihren Gott ernähren, wenn mit Honig nicht?
Manchmal hebt der Arbeiter, der Steine bricht,
das Haupt und schaut auf Christus, der allein
ihm Freund auf dieser Straße, wo der Süden sticht.
Er muß ins Knie gehen, bricht er einen Stein,
im Schatten dieses Christus, aus dessen Seite Purpur dringt.
Und all der Honig, der nun in der Sonne singt.
Der Dichter aber schaut und sinnt auf die Lehre.
Er sagt sich vorm sanften Schauer der Felder, daß jede Ähre
dem Volk Gottes eine weise Pflanzstatt beschere,
wo alle Körner warten, daß sie sich beleben,
auf die Wasser, die aus den himmlischen Grotten wehen.
Er sagt sich, dies Korn wird einst auferstehen
in den kostbaren Himmel, den sich alles erkoren,
und das Bild des Gottessohnes, auch er geboren
in einer Grotte, wird, die Hunger haben, nähren.
Die auf ihre Art dem Samen entsprießen, die Ähren,
werden der Gestalt des Kirchturms in der Morgenröte gleichen.
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